Chinese Ethnomedicine Development, Research & Education

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Formation en Ethnopsychologie
Une approche inédite en Ethnomédecine chinoise de la structure de l’esprit humain. Une compréhension globale de l’articulation des différents ressorts de la psyché, leur lien avec les mécanismes du vivant et le processus de la mort. Les fondements nécessaires à la compréhension de soi et d’autrui. Ce cours est le fruit de quinze années d’approfondissement d’un savoir précieux transmis par le Dr Leung Kok Yuen et présenté par Patrick Shan. Stage et limité à 24 personnes.
Week-End de Découverte de d’Initiation à l’Ethnomédecine Chinoise
« Lors de cette plongée de deux jours dans l’esprit d’une médecine millénaire, je répondrai à toutes les questions et vous ferai découvrir : l’universalité de ses principes, la profondeur de ses enseignements, la qualité de ses outils, la richesse de sa pratique. Au sortir de ces deux jours, vous saurez si cette médecine est faite pour vous, ou, si vous avez l’âme d’un soignant, si vous êtes fait pour elle ». Patrick Shan Stage limité à 24 personnes.


Philosophie



Contemporaine de la médecine d’Hippocrate, la Médecine Traditionnelle Chinoise a, depuis trois mille ans, sa manière propre de diagnostiquer et de traiter les maladies.
Son approche naturaliste, humaniste et spirituelle de l’être humain n’obéit ni aux standards de la médecine occidentale, ni à ceux de la Chine actuelle. L’étude de cette médecine nous offre l’opportunité de redécouvrir et de faire renaître dans notre société une médecine de proximité simple, efficace et non iatrogène. Lire Plus



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Un enseignement fidèle à la tradition

Depuis ses origines, la médecine chinoise s’est transmise dans le cadre de traditions familiales et de maître à élève, un peu selon le principe du compagnonnage en France. Cette forme de transmission lui a permis de se préserver et de se perfectionner à travers le temps.

Au cours du siècle dernier, la Révolution Culturelle et l’ouverture de la Chine à l’Occident ont fait subir à la MTC des changements plus profonds et plus rapides qu’elle n’en avait connu en plusieurs millénaires. Il en résulte de nos jours deux formes d’enseignement et de pratique assez distinctes de la médecine chinoise : l’une, de type universitaire et hospitalier, s’efforçant de rejoindre les critères épistémologiques de la médecine occidentale, l’autre, de type « libéral », tentant de maintenir une tradition orale fidèle à la triple philosophie taoïste, confucianiste et bouddhiste des origines de cette médecine, tout en l’adaptant à l’évolution du monde moderne.

Le CEDRE appartient à cette seconde catégorie, pour qui l’enseignement relève lui aussi d’une certaine tradition, où l’acquisition du savoir va de pair avec un certain travail et développement personnel. Il existe beaucoup de livres et d’instruments permettant d’apprendre et de pratiquer la médecine, mais la volonté de la comprendre et de l’incarner revêt une exigence supérieure, qui implique que chaque futur praticien écrive son propre livre, et devienne l’outil de la guérison de ses semblables.

Au delà de l’exotisme, une science universelle.

Médecine aux origines chamaniques, la MTC ne sépare pas le corps de l’esprit, ni l’homme de son milieu. Elle est constituée d’un mélange indissociable de médecine (anatomie, physiologie, étiologie, nosographie etc), mais aussi de psychologie, de sociologie, d’écologie et de spiritualité. En Occident, ces branches font l’objet d’études distinctes, rendant plus difficile la création des liens indispensables à la compréhension des ressorts du vivant.

Bien que faisant appel à des approches multiples, la MTC n’en est pas moins une science, reposant sur des lois et des principes. La notion d’énergie, synonyme de vie, qui est au centre de la théorie médicale chinoise, est familière aux physiciens, et la théorie du Yin-Yang constitue un modèle mathématique de l’organisation matricielle de notre monde. La médecine occidentale repose quant à elle davantage sur la biochimie et la génétique, qui sont d’autres sciences respectables. Il faut simplement se souvenir que, de même qu’il y a plusieurs médecines, il y a différentes sciences, qui n’ont pas toutes la même approche ni la même définition des choses.

L’intérêt majeur de la MTC n’est pas qu’elle soit chinoise, mais qu’elle soit traditionnelle, c’est à dire qu’elle repose sur un savoir intemporel et universel. Si nous sommes redevables à la civilisation chinoise d’avoir su préserver une médecine semblable à celle d’Hippocrate en bien des points, il serait dommage de s’en tenir à son emballage culturel et ne voir en elle qu’une science exotique, alors que cette médecine nous offre de renouer avec notre propre tradition perdue.

Rendre clairs des enseignements venus d’un autre espace et d’un autre temps pour les faire fructifier aujourd’hui sur de nouvelles terres, tel est le sens de la citation ornant notre logo : Ex Orientalis lux, ex Occidentalis frux, « la lumière vient d’Orient, le fruit d’Occident ». Ce fruit, c’est la profession d’ethnomédecin.

A l’heure où, chez nous, la médecine de proximité se raréfie, où elle se focalise sur les maladies sans trouver le temps de s’intéresser aux malades, où le diagnostic demande une technologie de plus en plus sophistiquée, où les coûts de santé augmentent sans cesse, et où de nouvelles maladies apparaissent au rythme des nouveaux traitements, cette transplantation apparaît aussi bienvenue qu’urgente.

Une étude conviviale.

Le CEDRE offre depuis 20 ans une formation de MTC complète et de qualité, conçue pour s’intégrer au mieux dans la vie familiale et professionnelle. Pourquoi « Collectif d’Etude » ?

Le CEDRE regroupe des praticiens et enseignants qualifiés, riches d'une longue expérience pédagogique, mais qui ne se donnent pas le titre de professeur, car le fossé qui habituellement sépare les professeurs des étudiants est ici comblé par une volonté de savoir partagé dans un esprit commun. Au CEDRE, il n’est pas jugé indispensable d’être chinois, médecin ou universitaire pour avoir une chance de devenir un jour praticien ou enseignant. L’étudiant d’aujourd’hui peut être l’enseignant de demain, et l’enseignant d’aujourd’hui peut encore apprendre quelque chose demain. Quant au praticien, s’il sait conserver son esprit d’étudiant, ce sont les patients eux-mêmes qui deviendront ses professeurs, et continueront de le faire progresser dans sa pratique.

Un rythme adapté

Notre enseignement modulaire, échelonné sur 2 à 5 ans, a été conçu pour permettre au grand pu¬blic d'aborder de façon évolutive l'étude de la médecine chinoise. Chaque module constituant un tout, il est ainsi possible de se former qualitativement à la matière de son choix, sans nécessairement devoir s’initier à la totalité des matières enseignées.

En médecine chinoise, la maturité compte, et il faut du temps pour assimiler les données enseignées. Notre expérience pédagogique prouve que des étudiants formés à raison d'un séminaire de deux à trois jours par mois, et travaillant individuellement au minimum deux heures par jour entre les séminaires, sont au bout de deux à trois ans capables de poser un diagnostic et établir une base de traitement dans les règles de la tradition médicale chinoise. Conçu pédagogiquement pour s'intégrer sans difficultés à un emploi du temps pro-fessionnel (stages de fins de semaine + travail à domicile), le programme d'études du CEDRE assure un haut niveau de formation théorique et pratique, à un rythme accessible à tous. Nous travaillons également à un projet d’enseignement par correspondance permettant à des personnes vivant dans des régions isolées du globe de se former, pour la partie théorique, aux bases de la MTC.
Par l’ensemble de ces choix pédagogiques, le CEDRE transmet une ethnomédecine vivante, à la fois respectueuse d’une tradition millénaire et adaptée à notre société moderne.

Hommage au professeur Leung Kok Yuen




"Chers amis,
J'ai le triste devoir de vous informer qu'au terme de quatre-vingt onze ans d'une vie bien remplie et toute entière dédiée à la médecine chinoise, le Professeur Leung Kok Yuen nous a quitté pour prendre un repos bien mérité.

Même si son départ, ou plus exactement son retour, s'est fait de la manière la plus sereine et la plus sage, il laisse un vide immense dans nos coeurs, à nous qui sommes encore de passage. Je n'aurai personnellement pas trop du reste de ma vie pour le combler."

"Tous les êtres naissent de la terre et font retour à la terre. Je vais vous quitter pour entrer par la porte de l'infini et parcourir le sans-limite. Je participerai de la lumière du soleil et de la lune et de la durée du ciel et de la terre. Si l'on me nuit, je n'en verrai rien, si l'on s'écarte de moi, je n'en saurai rien. Quand tous les hommes seront morts, moi seul survivrai." Tchouang Tseu, Ch.VI "

En sa mémoire, puissions-nous, ensemble, garder vivant l'esprit de la tradition qu'il nous a transmise.

Vos témoignages sur ce forum sont les bienvenus, et seront transmis à sa famille.
Merci
Patrick


Leung Kok Yuen

Docteur Leung Kok Yuen L’enseignement du CEDRE se fonde sur une longue lignée traditionnelle de médecins, dont le dernier représentant est le Dr Leung Kok Yuen, considéré comme l'un des plus grands maîtres contemporains de médecine traditionnelle chinoise.

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Au delà de l’exotisme, une science universelle

Lors de son récent passage en France, le Dr Leung Kok Yuen, mentor de nombreux praticiens de médecine chinoise en Occident, nous a offert la copie d’une lettre dans laquelle il fait un bilan personnel, et qu’il a souhaité nous transmettre à titre de réflexion. Voici cette lettre, rédigée en 2000, et destinée à l’époque à l’un de ses amis :

« Cela fait maintenant quinze années que je suis à la retraite et que j’habite Vancouver, réputée pour sa douceur de vivre. Je me réjouis d’avoir connu le bonheur, la longévité, la santé et la tranquillité, bien que je ne sois ni riche, ni noble. Mon bonheur, je le dois tout d’abord à l’harmonie familiale : mes quatre enfants ont fondé leur propre famille, mes dix petits-enfants me rendent joyeusement visite de temps en temps, car ils habitent tous à Vancouver.
Je dois également le bonheur au fait que je m’entends bien avec tous mes amis, que je traite toujours, ainsi que ma famille, avec sincérité.Je suis heureux, enfin, d’avoir simplement de quoi m’approvisionner en suffisance : je dépense ma retraite raisonnablement, et ne manque ainsi ni de vêtements ni de nourriture.
La longévité est un autre cadeau qui m’est fait : j’ai passé depuis longtemps le Gu Xi (anniversaire des 70 ans), et viens de parvenir au Chao Zhang (80). Mais la longévité ne serait rien sans cet autre don précieux qu’est la santé : à mon âge, j’ai la pensée encore agile et le déplacement aisé.
La tranquillité, enfin. Cette tranquillité, aussi bien mentale que physique, n’est pas exactement un don. En fait, il est assez difficile de gagner cet état sans un travail de méditation et une pratique quotidienne dont voici les principaux éléments :
Je respecte le Xian Qing, ce qui signifie que je laisse mes sept émotions s’exprimer avec modération. Je suis le plus souvent d’humeur égale, et ne me laisse pas emporter par la joie ou par la colère.
Je respecte également le Xian Yu, c’est-à-dire que je ne manifeste pas de désirs exagérés.
Je prends des repas simples, légers et peu épicés, évitant ainsi les maladies qui entrent par la bouche.
Je mène une vie calme et reposante, teintée d’une activité quotidienne modérée, et cela fait longtemps que je n’ai pas effectué de longs voyages.
Tous les jours, je prends plaisir à effectuer un peu de jardinage, à boire du thé, à chanter des poésies tout en me promenant dans les parcs (dans une humeur bien différente de celle du grand poète Qu Yuan, qui lorsqu’il était en exil, chantait ses poésies mélancoliques). Enfin, j’aime à jouer au Pu Yi (jeu chinois ancien, ancêtre du Mah Jong, des jeux de cartes et d’échecs), dans un esprit de « lutte douce » qui a le pouvoir de détendre les émotions. »
Commentaires de Patrick Shan :
Certains diront que le Dr Leung a simplement eu beaucoup de chance. C’est ignorer que la vie est faite de choix. Et que si la vie apparaît douce à cet homme sage et fragile, c’est qu’il a su s’y conformer au mieux. Car lui aussi est un exilé, qui aurait eu de quoi chanter des choses mélancoliques. Lui aussi aurait pu, en tant que médecin mondialement connu et respecté, troquer son modeste cabinet familial contre une clinique à l’américaine, accumuler les apparitions publiques, bref, se complaire dans une vision occidentale du bonheur associé à l’argent et la célébrité, en menant une « grande » vie qui aurait sans nul doute été plus courte.
À travers ce courrier personnel, le Dr Leung nous offre un ultime enseignement. Il exprime ici en quelques mots une philosophie de vie qui ressemble à s’y méprendre à celle du médecin Qi Bo dans le tout premier chapitre du Nei Jing Su Wen, celui traitant de Yang Sheng, l’art de nourrir la vie. Ce faisant, il nous donne une chose essentielle à méditer. À savoir que la médecine n’est pas seulement une somme de choses à apprendre, mais aussi, et avant tout, une voie à suivre. L’essence du Taoïsme est là. Le Dr Leung est un homme-médecine, au sens où il a, tout au long de sa vie, incarné ce qu’il nous a transmis. C’est une chose rare, signe d’une tradition authentique, qui fait à mes yeux toute la valeur de son enseignement.

Les Conseils du Dr. Leung

Pour obtenir un effet maximum du traitement traditionnel chinois, je vous recommande vivement le programme suivant :
Modifiez progressivement votre alimentation en suivant les conseils qui vous sont donnés.
Commencez progressivement à faire des exercices chinois (Qi Gong) en les adaptant à vos besoins.

Et surtout, adoptez une philosophie de la vie, une manière de voir les choses qui mette l'accent sur les points suivants :
Vous rendre responsable de vos actions et de vos choix.
Vous extérioriser et vous impliquer dans des activités et des pensées altruistes. Ces pensées doivent déboucher sur des actions qui soient plus grandes que vous, qui soient enrichissantes et vous rendent plus fort moralement.
Vous permettre de solutionner le plus rapidement possible les conflits pour éviter les déperditions d'énergie émotionnelle. Juste ou injuste, bonne ou mauvaise, quelle que soit votre décision, qu'elle vous fasse perdre ou gagner, essayez de trouver la meilleure solution de votre point de vue le plus rapidement possible et passez à autre chose.
Vivez pleinement le reste de votre vie.
Si vous avez commis une erreur, corrigez-la et passez à la suite.
Vous accepter vous-même, vous aimer, vous respecter.
Sachez vous dire « oui » ou « non ». Soyez attentif à vos impressions intérieures et appréciez-les.
Soyez à l'aise avec vous-même quand vous êtes seul.
Aimer son entourage est une absolue nécessité si l'on veut pouvoir vivre en société, ce qui contribue à favoriser la santé.
Dr. Leung Kok Yuen

Patrick Shan

Patrick Shan Patrick Shan suit et transmet les enseignements du Pr Leung Kok Yuen depuis 1977. Il a créé le CEDRE en 1984, et fondé en 2004 l’association HUMANITRAD, ONG internationale dont le Dr Leung Kok Yuen est Président d’honneur, et qui œuvre à la mise en place de missions de soins et de formation en médecine traditionnelle chinoise auprès des minorités ethniques et des populations défavorisées.
Blog

Fabrice Guérard

Patrick Shan Fabrice Guérard a toujours réussi à mener de front des activités professionnelles touchant au soin à la personne, et à la gestion d'entreprises. C'est en tant que gestionnaire et manager que le CEDRE l'a recruté au début de cette année, pour structurer l'activité de formation, et professionnaliser l'encadrement. Formé au CEDRE à la pratique de la médecine traditionnelle chinoise, il est passionné par cette transmission traditionnelle. Interview



  • Les ethnomédecines, une alternative à redécouvrir

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    Les ethnomédecines, une alternative à redécouvrir

    Chaque civilisation du monde a sa propre vision de la vie, de la mort et de la maladie. Chacune d’entre elles a, au fil de son histoire, généré un système médical à l’image de cette vision : les médecines traditionnelles chinoise, tibétaine, ayurvédique, africaine, arabe, amérindienne, etc., bien que qualifiées chez nous de « parallèles », traitent actuellement plus des deux tiers de la population mondiale. A l’heure où la planète devient un village global, notre médecine moderne doit s’ouvrir au fait qu’elle est une médecine parmi d’autres, et qu’il existe plusieurs manières d’appréhender le vivant.

    L'Organisation Mondiale de la Santé n'a pu négliger l'apport incontournable que constituent ces ethnomédecines dans son programme de santé mondiale, et s’est dotée depuis une vingtaine d’années d'un groupe d'experts en médecines traditionnelles. Même si l’on peut regretter chez nous un manque d’intérêt ethnographique pour la manière dont ces médecines fonctionnent, la reconnaissance de ces savoirs est là : aujourd’hui, 80% des médicaments utilisés dans le monde sont dérivés de plantes médicinales traditionnelles.

    Les ethnomédecines reposent sur une sagesse qui a traversé les siècles, et offrent une heureuse alternative à notre conception excessivement technologique et matérialiste de la santé. En Chine, la médecine traditionnelle chinoise cohabite avec la médecine occidentale, et ce système de santé bicéphale offre à la population, pour un coût de santé 40 fois inférieur au nôtre, la même espérance de vie que dans nos pays riches. C’est sans doute là le meilleur mariage qui puisse se faire, et que nous espérons voir un jour célébré chez nous.

    Une nouvelle profession de santé, baptisée ethnomédecin, est en train de voir le jour. Elle fait partie de ces nouveaux métiers de l’écologie qui préfigurent l’évolution sociale du 21e siècle. Sa définition est la suivante : « l’ethnomédecin applique dans les régions ou le pays où il exerce, les méthodes thérapeutiques traditionnelles. Il contribue à la pérennisation des savoirs qui, sans lui, ont tendance à disparaître. Son action vise à développer l’autonomie plutôt que l’assistance ».

    A propos d’autonomie, on peut se demander si des médecines traditionnelles issues d’autres civilisations sont à même de faire face à nos problèmes de santé d’occidentaux. N’est-il pas de tradition médicale plus proche, mieux adaptée à notre culture ? Il y a bien longtemps, Hippocrate, Galien et Paracelse jetèrent les bases de la médecine traditionnelle européenne, mais l’histoire a voulu que cette vision disparaisse, ramenée au champ exclusif des microscopes de la science expérimentale. Nous y avons perdu au passage nos racines, et c’est par le biais d’autres traditions que nous pouvons aujourd’hui retrouver nos liens avec le Ciel et la Terre. Car cette vision, etc’est ce qui nous sauve, n’est ni chinoise, ni tibétaine, ni arabe, ni africaine, ni indienne : elle est universelle, commune à tous les hommes et toutes les ethnomédecines du monde.

  • La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC)

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    La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC)

    Parmi les différentes ethnomédecines du globe, la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) occupe une place à part. Cette médecine a conservé une remarquable continuité historique depuis la plus lointaine antiquité, qui fait aujourd’hui d’elle l’un des trésors du patrimoine culturel, scientifique et médical de l’humanité. La MTC assure, depuis plus de 2500 ans, les soins de santé primaire du quart de l’humanité. Elle est en Chine une médecine d’état, disposant au même titre que la médecine moderne de son ministère, de ses universités, de ses hôpitaux et de ses unités de recherche. Elle forme, après la médecine occidentale, le système médical le plus développé au monde. Si son efficacité lui a permis de traverser les siècles, ses possibilités d'application sur le terrain l'ont également amenée à se développer hors de Chine, pour gagner progressivement tous les continents. En France, l’une des branches de cette médecine, l’acupuncture, est pratiquée depuis plusieurs siècles.

    Contemporaine de la médecine d’Hippocrate, la MTC est une médecine universelle, naturaliste et humaniste, permettant de comprendre et de traiter les maladies par des moyens simples, naturels, efficaces et non iatrogènes. Elle repose sur des méthodes diagnostiques et thérapeutiques qui lui sont propres, et qui se suffisent à elles-mêmes dans le champ thérapeutique qui est le sien.

    Transmise de maître à élève pendant de nombreuses générations, interdite pendant la révolution culturelle (il s’agit à l’origine d’une médecine impériale), puis rétablie et enseignée sous forme universitaire en Chine, la MTC fait aujourd’hui l’objet d’approches différentes. L’ouverture de la Chine à l’Occident et la transplantation de sa médecine traditionnelle dans d’autres pays ont encore accentué ces différences, qui constituent une richesse autant qu’un danger. C’est pourquoi il importe de conserver intactes les racines millénaires de cette médecine, afin qu’elle puisse toujours demeurer une tradition vivante, capable de s’adapter sans se dénaturer.

    L'enseignement du CEDRE se fonde sur les textes canoniques de la MTC, éclairés par une tradition orale authentique remontant à quatorze générations de médecins, dont le dernier représentant est Leung Kok Yuen, considéré comme l'un des plus grands maîtres contemporains de médecine traditionnelle chinoise, dont Patrick Shan suit et transmet les enseignements depuis une trentaine d’années.

    Le Dr Leung, qui va sur ses 90 ans, a aujourd’hui cessé de pratiquer et d’enseigner. Il vit au Canada, d’où il suit avec bienveillance nos activités. Le Dr Leung est également Président d’Honneur de l’ONG internationale HUMANITRAD, fondée par Patrick Shan en 2004, et qui organise des missions de soins et de formation en MTC auprès des minorités ethniques et des populations défavorisées. www.humanitrad.org

  • Un système médical complet


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    Un système médical complet

    1. La pharmacopée chinoise :

    Cette méthode thérapeutique consiste en l’utilisation de substances médicinales issues des trois règnes (végétal, minéral, animal) sous différentes formes (pilules, poudres, décoctions...). La pharmacopée chinoise est l'une des plus riches du monde. Elle a fait l'objet de milliers d'ouvrages au fil des siècles, et constitue la branche thérapeutique la plus importante du système médical chinois. Issue d'une longue tradition clinique et expérimentale, elle nécessite une formation au diagnostic plus poussée que l'acupuncture, qui est une méthode comparativement plus tolérante. Cette pharmacopée n’a pas la puissance des médicaments modernes, mais elle n’en a pas non plus les dangers. Son but n’est pas de forcer l’organisme ou de lutter à sa place, mais, si elle est bien adaptée, d’en modifier la biologie en douceur.



    2. Les traitements externes :

    Cette branche désigne l’ensemble des techniques thérapeutiques applicables depuis la surface du corps.Les plus connues sont l'acupuncture (qui regroupe elle-même d’autres méthodes, telles la moxibustion, les ventouses, les saignées, les emplâtres, etc.) et le massage, ainsi que les manipulations osseuses ou encore la chirurgie (ces deux dernières méthodes n’étant pas enseignées au sein du CEDRE).Précisons que le terme « manipulations osseuses » (litt. Zheng Gu, redresser les os) désigne la remise en place de luxations, et non une technique de type ostéopathique visant à traiter l’organisme en jouant sur certaines tensions. En médecine chinoise, ce sont l’acupuncture et le massage qui ont cette fonction.



    3. La psychothérapie traditionnelle :

    Prenant naturellement en compte le fait que l’être humain n’est pas qu’une mécanique de précision, la MTC intègre le lien entre le corps et l’esprit dans sa compréhension et son traitement des maladies. Un ouvrage ancien dit que, face à certaines d’entre elles, « lorsque le médecin n’a pas assez d’autorité pour détourner l’esprit du malade, toute la médecine sera impuissante ». Influer sur le comportement émotionnel, modifier le point de vue d’un problème, écrire un « poème » à son patient, lui prescrire une méthode d’auto-hypnose ou encore lui parler de la mort, cela fait couramment partie du traitement en médecine chinoise telle que nous l’enseignons. A partir d'une ethnopsychologie qui lui est propre, la médecine chinoise a développé un ensemble de techniques, appelées "les médicaments du cœur", qui s'avèrent indispensables dans le traitement de nombreuses maladies actuelles. Cette branche médicale essentielle, disparue des enseignements universitaires chinois, fait partie des spécialités transmises dans la famille du Dr Leung, et développée par Patrick Shan depuis vingt ans.



    4. Les exercices de santé, ou Qi Gong :

    Le Qi Gong est une sorte de « Yoga chinois », une gymnastique millénaire permettant de modifier le fonctionnement des organes internes et de traiter les maladies. Classés en différentes catégories selon qu'ils sont mobiles ou statiques, sollicitant l'ensemble du corps, la respiration et la concentration mentale, les exercices chinois sont utilisables aussi bien dans un but préventif que thérapeutique. Il existe également des exercices destinés aux praticiens, leur permettant de ne pas perdre leur énergie en soignant les autres, ou encore de développer leurs capacités thérapeutiques (la pratique assidue du Qi Gong génère chez certaines personnes une forme de magnétisme analogue à celui des guérisseurs de nos campagnes).



    5. Les conseils de santé :

    Le plus ancien des traités de médecine chinoise, le Nei Jing, débute par la description de règles élémentaires d’hygiène de vie qui, si nous savions nous y conformer, régleraient par anticipation la grande majorité de nos problèmes de santé, tout en nous assurant une longévité de qualité. Nos habitudes de vie suivent généralement des schémas collectifs ou des phénomènes de mode bien éloignés de nos besoins physiologiques réels. Quelques conseils de bon sens adaptés individuellement en matière d’alimentation, de sexualité, de rythme de travail et de repos etc., suffisent souvent à rétablir la santé sans autre traitement médical. Pour peu, bien sûr, que les patients les suivent ! Si la MTC attache tant d’importance à la prévention, c’est qu’elle n’oublie pas que les maladies ont un propriétaire, qui doit être informé et conseillé pour pouvoir reprendre lui-même le contrôle et la responsabilité de sa santé.

    Comme on le voit, loin de se limiter à la seule acupuncture - ce qu’imaginent encore beaucoup d’occidentaux -, la médecine traditionnelle chinoise dispose d'un très vaste champ thérapeutique, un champ encore étendu par le fait que toutes ces méthodes sont combinables entre elles, et qu’elles reposent sur un même diagnostic.


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