Philosophie
Contemporaine de la médecine d’Hippocrate, la Médecine Traditionnelle Chinoise a, depuis trois mille ans, sa manière propre de diagnostiquer et de traiter les maladies.
Son approche naturaliste, humaniste et spirituelle de l’être humain n’obéit ni aux standards de la médecine occidentale, ni à ceux de la Chine actuelle. L’étude de cette médecine nous offre l’opportunité de redécouvrir et de faire renaître dans notre société une médecine de proximité simple, efficace et non iatrogène.
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Un enseignement fidèle à la tradition
Depuis ses origines, la médecine chinoise s’est transmise dans le cadre de traditions familiales et de maître à élève, un peu selon le principe du compagnonnage en France. Cette forme de transmission lui a permis de se préserver et de se perfectionner à travers le temps.
Au cours du siècle dernier, la Révolution Culturelle et l’ouverture de la Chine à l’Occident ont fait subir à la MTC des changements plus profonds et plus rapides qu’elle n’en avait connu en plusieurs millénaires. Il en résulte de nos jours deux formes d’enseignement et de pratique assez distinctes de la médecine chinoise : l’une, de type universitaire et hospitalier, s’efforçant de rejoindre les critères épistémologiques de la médecine occidentale, l’autre, de type « libéral », tentant de maintenir une tradition orale fidèle à la triple philosophie taoïste, confucianiste et bouddhiste des origines de cette médecine, tout en l’adaptant à l’évolution du monde moderne.
Le CEDRE appartient à cette seconde catégorie, pour qui l’enseignement relève lui aussi d’une certaine tradition, où l’acquisition du savoir va de pair avec un certain travail et développement personnel. Il existe beaucoup de livres et d’instruments permettant d’apprendre et de pratiquer la médecine, mais la volonté de la comprendre et de l’incarner revêt une exigence supérieure, qui implique que chaque futur praticien écrive son propre livre, et devienne l’outil de la guérison de ses semblables.
Au delà de l’exotisme, une science universelle.
Médecine aux origines chamaniques, la MTC ne sépare pas le corps de l’esprit, ni l’homme de son milieu. Elle est constituée d’un mélange indissociable de médecine (anatomie, physiologie, étiologie, nosographie etc), mais aussi de psychologie, de sociologie, d’écologie et de spiritualité. En Occident, ces branches font l’objet d’études distinctes, rendant plus difficile la création des liens indispensables à la compréhension des ressorts du vivant.
Bien que faisant appel à des approches multiples, la MTC n’en est pas moins une science, reposant sur des lois et des principes. La notion d’énergie, synonyme de vie, qui est au centre de la théorie médicale chinoise, est familière aux physiciens, et la théorie du Yin-Yang constitue un modèle mathématique de l’organisation matricielle de notre monde. La médecine occidentale repose quant à elle davantage sur la biochimie et la génétique, qui sont d’autres sciences respectables. Il faut simplement se souvenir que, de même qu’il y a plusieurs médecines, il y a différentes sciences, qui n’ont pas toutes la même approche ni la même définition des choses.
L’intérêt majeur de la MTC n’est pas qu’elle soit chinoise, mais qu’elle soit traditionnelle, c’est à dire qu’elle repose sur un savoir intemporel et universel. Si nous sommes redevables à la civilisation chinoise d’avoir su préserver une médecine semblable à celle d’Hippocrate en bien des points, il serait dommage de s’en tenir à son emballage culturel et ne voir en elle qu’une science exotique, alors que cette médecine nous offre de renouer avec notre propre tradition perdue.
Rendre clairs des enseignements venus d’un autre espace et d’un autre temps pour les faire fructifier aujourd’hui sur de nouvelles terres, tel est le sens de la citation ornant notre logo : Ex Orientalis lux, ex Occidentalis frux, « la lumière vient d’Orient, le fruit d’Occident ». Ce fruit, c’est la profession d’ethnomédecin.
A l’heure où, chez nous, la médecine de proximité se raréfie, où elle se focalise sur les maladies sans trouver le temps de s’intéresser aux malades, où le diagnostic demande une technologie de plus en plus sophistiquée, où les coûts de santé augmentent sans cesse, et où de nouvelles maladies apparaissent au rythme des nouveaux traitements, cette transplantation apparaît aussi bienvenue qu’urgente.
Une étude conviviale.
Le CEDRE offre depuis 20 ans une formation de MTC complète et de qualité, conçue pour s’intégrer au mieux dans la vie familiale et professionnelle. Pourquoi « Collectif d’Etude » ?
Le CEDRE regroupe des praticiens et enseignants qualifiés, riches d'une longue expérience pédagogique, mais qui ne se donnent pas le titre de professeur, car le fossé qui habituellement sépare les professeurs des étudiants est ici comblé par une volonté de savoir partagé dans un esprit commun. Au CEDRE, il n’est pas jugé indispensable d’être chinois, médecin ou universitaire pour avoir une chance de devenir un jour praticien ou enseignant. L’étudiant d’aujourd’hui peut être l’enseignant de demain, et l’enseignant d’aujourd’hui peut encore apprendre quelque chose demain. Quant au praticien, s’il sait conserver son esprit d’étudiant, ce sont les patients eux-mêmes qui deviendront ses professeurs, et continueront de le faire progresser dans sa pratique.
Un rythme adapté
Notre enseignement modulaire, échelonné sur 2 à 5 ans, a été conçu pour permettre au grand pu¬blic d'aborder de façon évolutive l'étude de la médecine chinoise. Chaque module constituant un tout, il est ainsi possible de se former qualitativement à la matière de son choix, sans nécessairement devoir s’initier à la totalité des matières enseignées.
En médecine chinoise, la maturité compte, et il faut du temps pour assimiler les données enseignées. Notre expérience pédagogique prouve que des étudiants formés à raison d'un séminaire de deux à trois jours par mois, et travaillant individuellement au minimum deux heures par jour entre les séminaires, sont au bout de deux à trois ans capables de poser un diagnostic et établir une base de traitement dans les règles de la tradition médicale chinoise. Conçu pédagogiquement pour s'intégrer sans difficultés à un emploi du temps pro-fessionnel (stages de fins de semaine + travail à domicile), le programme d'études du CEDRE assure un haut niveau de formation théorique et pratique, à un rythme accessible à tous. Nous travaillons également à un projet d’enseignement par correspondance permettant à des personnes vivant dans des régions isolées du globe de se former, pour la partie théorique, aux bases de la MTC.
Par l’ensemble de ces choix pédagogiques, le CEDRE transmet une ethnomédecine vivante, à la fois respectueuse d’une tradition millénaire et adaptée à notre société moderne.
Hommage au professeur Leung Kok Yuen
"Chers amis,
J'ai le triste devoir de vous informer qu'au terme de quatre-vingt onze ans d'une vie bien remplie et toute entière dédiée à la médecine chinoise,
le Professeur Leung Kok Yuen nous a quitté pour prendre un repos bien mérité.
Même si son départ, ou plus exactement son retour, s'est fait de la manière la plus sereine et la plus sage, il laisse un vide immense dans nos coeurs, à nous qui sommes encore de passage. Je n'aurai personnellement pas trop du reste de ma vie pour le combler."
"Tous les êtres naissent de la terre et font retour à la terre. Je vais vous quitter pour entrer par la porte de l'infini et parcourir le sans-limite. Je participerai de la lumière du soleil et de la lune et de la durée du ciel et de la terre. Si l'on me nuit, je n'en verrai rien, si l'on s'écarte de moi, je n'en saurai rien. Quand tous les hommes seront morts, moi seul survivrai."
Tchouang Tseu, Ch.VI "
En sa mémoire, puissions-nous, ensemble, garder vivant l'esprit de la tradition qu'il nous a transmise.
Vos témoignages sur ce forum sont les bienvenus, et seront transmis à sa famille.
Merci
Patrick
L’enseignement du CEDRE se fonde sur une longue lignée traditionnelle de médecins, dont le dernier représentant est le Dr Leung Kok Yuen, considéré comme l'un des plus grands maîtres contemporains de médecine traditionnelle chinoise.
Patrick Shan suit et transmet les enseignements du Pr Leung Kok Yuen depuis 1977. Il a créé le CEDRE en 1984, et fondé en 2004 l’association HUMANITRAD, ONG internationale dont le Dr Leung Kok Yuen est Président d’honneur, et qui œuvre à la mise en place de missions de soins et de formation en médecine traditionnelle chinoise auprès des minorités ethniques et des populations défavorisées.
Fabrice Guérard a toujours réussi à mener de front des activités professionnelles touchant au soin à la personne, et à la gestion d'entreprises.
C'est en tant que gestionnaire et manager que le CEDRE l'a recruté au début de cette année, pour structurer l'activité de formation, et professionnaliser l'encadrement.
Formé au CEDRE à la pratique de la médecine traditionnelle chinoise, il est passionné par cette transmission traditionnelle.

A propos d’autonomie, on peut se demander si des médecines traditionnelles issues d’autres civilisations sont à même de faire face à nos problèmes de santé d’occidentaux. N’est-il pas de tradition médicale plus proche, mieux adaptée à notre culture ? Il y a bien longtemps, Hippocrate, Galien et Paracelse jetèrent les bases de la médecine traditionnelle européenne, mais l’histoire a voulu que cette vision disparaisse, ramenée au champ exclusif des microscopes de la science expérimentale. Nous y avons perdu au passage nos racines, et c’est par le biais d’autres traditions que nous pouvons aujourd’hui retrouver nos liens avec le Ciel et la Terre. Car cette vision, etc’est ce qui nous sauve, n’est ni chinoise, ni tibétaine, ni arabe, ni africaine, ni indienne : elle est universelle, commune à tous les hommes et toutes les ethnomédecines du monde.
La MTC assure, depuis plus de 2500 ans, les soins de santé primaire du quart de l’humanité. Elle est en Chine une médecine d’état, disposant au même titre que la médecine moderne de son ministère, de ses universités, de ses hôpitaux et de ses unités de recherche. Elle forme, après la médecine occidentale, le système médical le plus développé au monde. Si son efficacité lui a permis de traverser les siècles, ses possibilités d'application sur le terrain l'ont également amenée à se développer hors de Chine, pour gagner progressivement tous les continents. En France, l’une des branches de cette médecine, l’acupuncture, est pratiquée depuis plusieurs siècles.
Transmise de maître à élève pendant de nombreuses générations, interdite pendant la révolution culturelle (il s’agit à l’origine d’une médecine impériale), puis rétablie et enseignée sous forme universitaire en Chine, la MTC fait aujourd’hui l’objet d’approches différentes. L’ouverture de la Chine à l’Occident et la transplantation de sa médecine traditionnelle dans d’autres pays ont encore accentué ces différences, qui constituent une richesse autant qu’un danger. C’est pourquoi il importe de conserver intactes les racines millénaires de cette médecine, afin qu’elle puisse toujours demeurer une tradition vivante, capable de s’adapter sans se dénaturer.
La pharmacopée chinoise est l'une des plus riches du monde. Elle a fait l'objet de milliers d'ouvrages au fil des siècles, et constitue la branche thérapeutique la plus importante du système médical chinois. Issue d'une longue tradition clinique et expérimentale, elle nécessite une formation au diagnostic plus poussée que l'acupuncture, qui est une méthode comparativement plus tolérante. Cette pharmacopée n’a pas la puissance des médicaments modernes, mais elle n’en a pas non plus les dangers. Son but n’est pas de forcer l’organisme ou de lutter à sa place, mais, si elle est bien adaptée, d’en modifier la biologie en douceur.
Cette branche désigne l’ensemble des techniques thérapeutiques applicables depuis la surface du corps.Les plus connues sont l'acupuncture (qui regroupe elle-même d’autres méthodes, telles la moxibustion, les ventouses, les saignées, les emplâtres, etc.) et le massage, ainsi que les manipulations osseuses ou encore la chirurgie (ces deux dernières méthodes n’étant pas enseignées au sein du CEDRE).Précisons que le terme « manipulations osseuses » (litt. Zheng Gu, redresser les os) désigne la remise en place de luxations, et non une technique de type ostéopathique visant à traiter l’organisme en jouant sur certaines tensions. En médecine chinoise, ce sont l’acupuncture et le massage qui ont cette fonction.
la MTC intègre le lien entre le corps et l’esprit dans sa compréhension et son traitement des maladies. Un ouvrage ancien dit que, face à certaines d’entre elles, « lorsque le médecin n’a pas assez d’autorité pour détourner l’esprit du malade, toute la médecine sera impuissante ». Influer sur le comportement émotionnel, modifier le point de vue d’un problème, écrire un « poème » à son patient, lui prescrire une méthode d’auto-hypnose ou encore lui parler de la mort, cela fait couramment partie du traitement en médecine chinoise telle que nous l’enseignons. A partir d'une ethnopsychologie qui lui est propre, la médecine chinoise a développé un ensemble de techniques, appelées "les médicaments du cœur", qui s'avèrent indispensables dans le traitement de nombreuses maladies actuelles. Cette branche médicale essentielle, disparue des enseignements universitaires chinois, fait partie des spécialités transmises dans la famille du Dr Leung, et développée par Patrick Shan depuis vingt ans.
Le Qi Gong est une sorte de « Yoga chinois », une gymnastique millénaire permettant de modifier le fonctionnement des organes internes et de traiter les maladies. Classés en différentes catégories selon qu'ils sont mobiles ou statiques, sollicitant l'ensemble du corps, la respiration et la concentration mentale, les exercices chinois sont utilisables aussi bien dans un but préventif que thérapeutique. Il existe également des exercices destinés aux praticiens, leur permettant de ne pas perdre leur énergie en soignant les autres, ou encore de développer leurs capacités thérapeutiques (la pratique assidue du Qi Gong génère chez certaines personnes une forme de magnétisme analogue à celui des guérisseurs de nos campagnes).
Quelques conseils de bon sens adaptés individuellement en matière d’alimentation, de sexualité, de rythme de travail et de repos etc., suffisent souvent à rétablir la santé sans autre traitement médical. Pour peu, bien sûr, que les patients les suivent ! Si la MTC attache tant d’importance à la prévention, c’est qu’elle n’oublie pas que les maladies ont un propriétaire, qui doit être informé et conseillé pour pouvoir reprendre lui-même le contrôle et la responsabilité de sa santé. 


